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E4 Muscles

Topique

Les muscles du vol des oiseaux sont les plus puissants du règne animal en termes de puissance générée par unité de masse musculaire. Aucun autre muscle squelettique du règne animal ne produit autant de puissance par kilogramme de tissu que celui activé par un oiseau à chaque battement d'aile.

Parmi ces muscles du vol, le grand pectoral est le seul responsable du battement d'aile descendant, principale phase de propulsion du cycle complet. Ce muscle peut représenter entre 15 et 25 % de la masse corporelle totale chez les oiseaux à forte activité alaire, comme les pigeons, et jusqu'à 35 % chez les colibris – une proportion extraordinaire comparée à celle du muscle squelettique équivalent chez l'humain, le biceps par rapport au bras, qui ne représente que 5 à 8 % de la masse de ce membre.

Grâce à cette combinaison de taille et de puissance spécifique, le grand pectoral est le moteur principal du vol de l'oiseau ; c'est ce même muscle dont la puissance maximale détermine la force musculaire disponible pour maintenir le vol. Le battement d'ailes vers le haut, en revanche, ne dépend pas du muscle grand pectoral, mais d'un second muscle, le supracoracoïde, situé juste en dessous. Le muscle supracoracoïde s'insère sur l'humérus par un tendon qui traverse le foramen triosseux, une ouverture osseuse faisant office de poulie anatomique : bien que le muscle supracoracoïde se contracte vers le bas, tout comme le muscle grand pectoral, ce tendon, dévié par le foramen triosseux, inverse le sens de la force et finit par lever l'aile au lieu de l'abaisser.

Cette solution mécanique – deux muscles agissant du même côté du corps de l'oiseau mais produisant des mouvements opposés grâce à la poulie anatomique du foramen triosseux – est l'une des innovations évolutives les plus élégantes de toute l'anatomie des vertébrés. Entre le muscle grand pectoral, qui propulse l'aile vers le bas, et le muscle supracoracoïdien, qui utilise sa propre force pour relever l'aile, ces deux muscles du vol convertissent l'extraordinaire puissance spécifique des oiseaux en un cycle complet de battement d'ailes, mouvement descendant et mouvement ascendant, qui soutient leur vol entier.

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