D4 Biomécanique structurale
Topique
Le coefficient de sécurité structurelle d'un arbre, d'un tronc ou d'une branche compare la résistance du bois à la charge qu'il doit supporter. Pour le calculer, il est d'abord nécessaire de mesurer séparément, à l'aide d'outils différents, la résistance du bois et la charge de vent qui s'y applique.
La première propriété à mesurer est la rigidité du bois, quantifiée par le module de Young, obtenu par un essai de flexion trois points : un échantillon de bois est soutenu en deux points, et une force est appliquée en un troisième point intermédiaire. La façon dont l'échantillon se fléchit sous cette force révèle le module de Young du bois.
L'essai de flexion trois points nécessitant le prélèvement d'un échantillon sur l'arbre, on utilise sur le terrain la densité du bois comme mesure indirecte, un indicateur, du module de Young et de la résistance du bois : plus la densité du bois est élevée, plus son module de Young et sa résistance ont tendance à être importants, sans qu'il soit nécessaire de prélever un échantillon ni d'endommager l'arbre.
Au-delà de la simple considération du bois comme matériau, la rigidité de la tige en conditions réelles mesure cette même propriété à l'échelle de la tige entière, en tenant compte de sa géométrie (diamètre et forme) et du bois lui-même : deux tiges composées du même bois peuvent présenter des rigidités différentes si leur géométrie diffère.
Outre la résistance du bois et la rigidité de la tige en conditions réelles, l'architecture racinaire détermine la qualité de l'ancrage de l'arbre au sol : un système racinaire plus étendu ou plus profond offre à l'arbre un ancrage qui constitue une limite structurelle alternative à la résistance du bois. Sous une même charge de vent, l'arbre risque alors de se briser au niveau du tronc ou d'être déraciné.
À l'opposé du coefficient de sécurité structurelle se trouve la charge de vent appliquée, mesurée directement sur l'arbre, la tige ou la branche évaluée. Elle représente la force réelle exercée par le vent sur cette structure au moment de la mesure.
Connaissant la résistance du bois (mesurée par le module de Young ou la densité du bois), la rigidité de la tige sur le terrain, l'architecture racinaire et la charge de vent appliquée, on calcule le coefficient de sécurité structurelle de l'arbre, de la tige ou de la branche concernée. Plus ce coefficient est élevé, plus la structure dispose d'une marge de sécurité avant de se rompre ou de s'effondrer sous l'effet du vent ; plus il est faible, plus la structure est proche du seuil de rupture. Ce coefficient est utilisé aussi bien en gestion forestière, pour identifier les arbres présentant un risque structurel au sein d'un peuplement, qu'en inspection arboricole urbaine, pour déterminer quels arbres nécessitent une intervention avant qu'ils ne tombent.
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